samedi 31 janvier 2015

Charlie White : un ordre de plus en plus straight






Il n’aura pas fallu bien longtemps aux politiques pour s’exonérer de toute responsabilité dans la survenue des événements de janvier 2015. Et transformer le soutien à la liberté d’expression en injonction de sujétion à l’expression majoritaire.
Alors je suis effrayée. Oui. Par la rapidité avec laquelle, sous le règne de l’émotion, nous abdiquons en son nom pourtant, notre liberté critique.
Beaucoup s’étaient gaussé des Américains, bien prompts, selon nous, à se laisser embarquer dans les croisades bushiennes adossées à une vision manichéenne d’un occident pourfendeur du Mal. Mais nous voici à notre tour invités à nous draper dans nos certitudes morales et politiques d’incarner l’absolu démocratique.
Bien sûr notre liturgie est différente. Qui puise ses accents mythologiques dans notre conviction historique d’entraîner le monde vers les lumières. Voilà donc, la république en danger, qui nous appelle à rejouer Valmy, à retrouver dans les accents lyriques de Michelet la mobilisation d’un peuple qui refuse de se laisser dominer.
La très grande majorité de celles et ceux qui se sont proclamés et affichés Charlie l’ont fait, ce n’est pas discutable, en se réclamant de la solidarité, de l’ouverture à la différence et du refus de l’anathème.
Et le Je suis Charlie fut pensé à n’en pas douter comme une main tendue, un témoin viral assez flou pour se propager à grande vitesse et répondre au besoin immédiat de lien. De ces gestes qui relèvent de l’émotion pure, et ne visent qu’à apaiser une douleur. A conjurer la menace. Un geste simple. Universel. Mais précisément là, le bât blesse. L’assimilation en un seul terme de l’objet, des meurtres et de leur condamnation a entraîné mécaniquement une sanctuarisation de l’objet, se transformant en sommation à n’être qu’un et interdisant toute réflexion sur ce un.
Les mouvements sociaux ont ceci de particulier que leur sens ne se forme pas de l’agrégation des messages qu’entendent porter les participants. Il arrive souvent qu’ils servent à justifier exactement l’inverse.
Il ne s’agit pas ici de venir redoubler les textes qui ici où là s’efforcent de dénoncer et déconstruire en détail la tonalité des réponses gouvernementales, inscrites quasi unilatéralement dans le registre de l’autoritaire et du sécuritaire : répression judiciaire, militarisation de l’ordre public, renforcement des mesures d’exception et de la surveillance administrative de l’expression, etc., mais plutôt de m’étonner du silence relatif des associations gays et lesbiennes dans l’opération de récupération et de contrôle social qui est à l’œuvre.
Pour mieux effacer les conditions politiques et économiques qui produisent des soldats perdus et l’intérêt qu’il trouve à voir perdurer ces conditions, le gouvernement a choisi de prétendre que nous ferions face à un défaut d’autorité morale.
Sans aucune vergogne, il s’efforce d’organiser une focalisation sur l’école pour mieux faire accepter l’idée qu’il n’y aurait aucun facteur social à la fabrication de la violence. Avec dans ce mauvais remake des classes dangereuses, un premier rôle attribué aux enfants de l’immigration posés à priori en sauvages dépourvu de morale qu’il conviendrait de civiliser. Quoi de mieux que de faire porter la responsabilité de la violence de notre société sur ceux qui en pâtissent en premier lieu ? Et on n’est prié de ne voir là aucun amalgame, bien sûr. Peut-on se montrer plus cynique encore ?
Car il n’est pas question de s’intéresser aux conditions, moyens ou qualité de l’enseignement. Non, on nous annonce seulement le sacrifice de l’instruction au profit de la morale et du conditionnement, la confusion de l’éducation avec la rééducation. Ce que la responsable politique de la rédaction de France 2 a traduit sans artifice par la nécessité de « traiter » ceux qui ne s’y prêtaient pas de leur plein gré[1].
Donc plutôt que de traiter des causes, de s’interroger sur la faillite collective qui a conduit à ces meurtres odieux et des enfants français à s’imaginer un destin en assassins, on préfère occulter toute forme de dimension systémique. Et pour s’assurer de cette occultation, tant pis s’il faut traquer jusque dans les écoles primaires de potentielles mauvaises graines qu’on pourra désigner (mais toujours sans faire d’amalgame comme il se doit) à la majorité de la population qui elle, se veut exempte de toute responsabilité. Ajoutant ainsi aux discriminations, une nouvelle dose d’humiliation. Banalisant et autorisant un peu plus encore les stigmatisations à priori. Et justifiant à l’avance la surenchère de surveillance et de contrôle social à venir. Tout comme les violences islamophobes. Dont on s’accommodera comme de conséquences collatérales et inévitables. Justifiées par le deuil national !
Alors que nous ayons choisi de nous dire Charlie ou pas, nous sommes en train de nous faire enfler.
Où sont passés les messages d’amour, de bienveillance, d’écoute et de partage que souhaitaient opposer les manifestants au terrorisme ? la volonté de vivre ensemble ? Le refus de l’injustice ? et la célébration de la liberté d’expression ? On ne fabrique pas l’adhésion par la contrainte. Par la surenchère de contrôle. Par le refus de la différence.
Que ne résonnent notre colère et notre indignation devant cette dénaturation ?
L’union nationale est orchestrée politiquement pour n’autoriser qu’une seule partition.
Qui interdit l’analyse de nos politiques extérieures. Du racisme structurel et institutionnalisé. Qui s’exonère de lutter contre les discriminations. La différence est aujourd’hui suspecte. Le communautaire discrédité, accusé de dérive identitaire. Le savoir-faire associatif dédaigné. Quand il faudrait faire l’inverse, se tourner vers ces ressources vives.
Un seul message est toléré qui veut que pas une tête ne dépasse. Qui nous condamne au binaire du pour ou contre. Interdit le débat contradictoire et l’expression des désaccords. Désigne des hérétiques à la vindicte.
En tant que gouines et pédés, nous connaissons bien la violence de l’assignation à l’universel. Du refus de la singularité. De l’invisibilité imposée. Nous devrions être au premier rang du refus de cette offensive de la conformité.
Encore une fois il nous est asséné qu’il n’y aurait pas d’alternative. Ce serait la république autoritaire ou le terrorisme. Encore une fois nous sommes sommés de nous fondre dans un seul moule sous la menace. De nous plier à un seul modèle. Revoilà les bons français ! #NotInMyName.


« C'est justement ceux qui ne sont pas "Charlie" qu'il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui "balancent" sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale. »
Nathalie Saint-Cricq (responsable du service politique de France 2), lundi 12 janvier 2015, France 2, journal de 13h.

samedi 13 décembre 2014

Outing, le bal des hypocrites


En décembre 2013, la Cour d'appel de Paris a ouvert une brèche en rompant avec une jurisprudence qui interdisait la pratique de l’outing en France. Dans une affaire qui opposait des cadres du Front National (déjà !) et un jeune auteur[1], elle a considéré que le public est en droit de connaître l'homosexualité d'un responsable politique lorsque cette information est «de nature à apporter une contribution à un débat d'intérêt général»[2]. Jusque-là rendre publique l’orientation sexuelle d’une personne sans son autorisation relevait d’une atteinte à la vie privée, celle-ci étant protégée par l'article 9 du code civil[3].


Dans cette brèche, le magazine Closer a vu miroiter un filon inexploité. En révélant au grand public l’orientation sexuelle du vice-président du Front National, Florian Philippot, le magazine savait s’offrir un succès commercial sur fond de buzz garanti. Peut-être aussi l’opportunité d’élargir cette brèche juridique susceptible d’enrichir son fond de commerce. L’argumentation de sa rédactrice en chef n’étonnera donc pas qui voudrait inscrire le droit à la peopolisation dans le débat d'intérêt général.
Plus amusant, ce positionnement affirme se placer au-dessus de la mêlée homophobe en n’établissant aucune distinction entre hétérosexuels et homosexuels. Y renvoyant ainsi ses seuls détracteurs et feignant de ne pas chercher soi-même, précisément, le maximum de publicité sur l’existence même de cette distinction.
Evidemment, personne n’imaginera sérieusement que Closer s’est découvert soudainement une vocation de défenseur des droits des gays ! Ce n’est pas son affaire. Closer vend du papier et du scandale. Et ce n’est pas à Closer de se substituer au travail militant.
D’ailleurs, cet affichage grand public de l’orientation sexuelle de Florian Philippot ne s’inscrit pas dans une définition politique de l’outing qui consiste à révéler délibérément l’homosexualité d’une personnalité publique qui par son silence ou par son action fait le jeu de l’homophobie[4].
Mais au contraire dans sa définition la plus large et la plus commune de révélation par un tiers de l’homosexualité (réelle ou supposée) d’une personne sans son accord préalable
En effet, peu importe au magazine que Philippot en tant que cadre de premier plan du FN, défende des politiques homophobes.
Il y a même fort à parier que, si argumentation politique il devait y avoir, cette nécessité de rendre publique l’homosexualité du vice-président du Front National serait justifiée (comme l’année dernière à propos de Steeve Briois) par un raisonnement exactement inverse : il faudrait expliquer la relative retenue de Marine Le Pen contre le mariage pour tous par l’homosexualité de ses lieutenants.
Est-ce parce que ceux-ci sont homosexuels qu’on n’hésite pas à réduire leurs choix politiques à leur orientation sexuelle ? Pourquoi pas ? mais alors ne devrait-on pas entendre dire ailleurs que le refus de l’ouverture du mariage exprimé par d’autres responsables politiques se fonderait, plutôt que sur des convictions et avant toute autre considération, sur leur seule hétérosexualité ?
Etrange manière de ne faire aucune distinction entre hétérosexuels et homosexuels ! un homo est toujours présumé lobbyiste en puissance des droits de ses pairs quand l’hétéro se voit attribué un pseudo détachement universel de sa condition !
Quoi qu’il en soit, nous assistons peu à peu à un effacement de la définition de l’outing au sens que lui avaient donné les activistes gays (sans doute parce que les militants français ne l’ont en fait jamais pratiqué) au profit d’une autre qui vise à l’autoriser non pas, en réalité, au nom des droits des gays mais du droit à l’information du grand public.
Il est d’ailleurs quelque peu ironique de constater que la justice qui s’était toujours refusée à considérer l’orientation sexuelle comme un élément d’information de nature politique quand il s’agissait de dénoncer l’homophobie, n’a trouvé l’élément recevable que le jour où il devait démontrer que l’homosexuel visé ne serait pas assez homophobe !
Dans cette zone d’entre-deux, où n’est entrée dans l’espace public à côté de l’hétérosexualité que l’homosexualité de celles et ceux qui ont choisi qu’il en soit ainsi, soit de par le mariage, soit de par leur visibilité, il y a désormais les pédés du FN qui ne se sont pas assez opposés au mariage pour tous !
Car l’arbitrage judiciaire a, à l’heure actuelle, décidé de ne s’en tenir qu’au personnel politique et même qu’aux responsables politiques de premier plan (en-soi, ça laisse bien de la place à d’autres outing possibles, y compris au sein d’autres formations que le FN !)[5].
Cela montre bien que nous sommes encore loin de la banalisation. On peut révéler l’orientation sexuelle de Florian Philippot mais pas l’identité de son compagnon. Closer ne s’y est d’ailleurs pas risqué ! Le parallèle avec un couple hétéro que certains développent ne tient pas. Pas encore du moins. Quel sens aurait un article de Closer nous annonçant l’hétérosexualité de Hollande illustré d’une photo le montrant en compagnie d’une actrice floutée !
Et si ce parallèle ne tient pas, c’est bien par ce qu’il n’y a toujours pas d’équivalence entre le fait de dire d’une personne qu’elle est hétérosexuelle ou homosexuelle. Le personnel politique qui s’indigne, à grands renforts de tweets scandalisés contre la violation de la vie privée de leur collègue FN, n’en est pas le moins responsable qui se refuse à mettre en œuvre une politique indubitable contre l’homophobie à tous les étages. Mais il est tellement plus simple d’exprimer une solidarité de classe (car même homo, même Front National, Philippot n’en appartient pas moins à cette classe privilégiée de dirigeants politiques professionnels) que de prendre ses responsabilités.
C’est aussi pourquoi contrairement à ce que prétend la rédactrice en chef de Closer, il demeure non anodin de révéler l’homosexualité d’une personne. Parce que quelles que soient les avancées, la société française reste homophobe. Et c’est là qu’est le scandale (pas dans une violation de la vie privée qui n’existe pas). Un scandale qui ne suscite pas d’indignation généralisée.
Suite à cet outing, Florian Philippot subira certainement, conséquences aussi des options politiques qu’il défend, des attaques, sur la base de son orientation sexuelle. Je ne doute pas non plus qu’il trouvera le moyen de les retourner à son profit, et hélas à celui de son parti. Mais en raison de son statut social privilégié, les risques qu’il encourt n’ont rien à voir avec les multiples agressions quotidiennes que vivent des pédés et des gouines anonymes. Ces pédés et ces gouines, elles et eux, ne bénéficieront pas d’un tel élan de solidarité politique.
L’outing est à la fois symptôme et thermomètre. Et la seule chose qu’il traduit en fait, c’est le degré d’homophobie environnementale.



[1] Deux cadres du Front National souhaitaient interdire à Octave Nitkovski de mentionner leur orientation sexuelle dans son livre, Le Front national des villes et le Front national des champs, (éditions Jacob-Duvernet). A propos de cette affaire, on pourra lire l’un de mes posts précédents : http://gwenfauchois.blogspot.fr/2013/12/ce-nest-toujours-pas-de-louting.html
[3]« Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé. »
[4] Sur cette question, on pourra se reporter à un de mes précédents textes: http://gwenfauchois.blogspot.fr/2013/06/louting-une-plaisanterie.html
[5] Ainsi la Cour d'appel de Paris a estimé que le droit à l’information du public devait l’emporter sur « l’atteinte à la vie privée » dans le cas de Steeve Briois, compte tenu de son statut de «personnalité politique de premier plan» mais pas dans le cas du second cadre FN qui était mentionné dans le livre de Nitkovski.

lundi 17 novembre 2014

Au gré des vents




Génial, Sarkozy postule au rôle du coq perché au sommet de l’église et nous voilà promus experts en météo juridique !

Bon, la bonne nouvelle, c’est que si une partie des militants de l’UMP est ravie du retour du patron, cet enthousiasme n’est visiblement pas partagé par ses cadres. Qui se sont empressés d’exploiter l’image peu flatteuse, pour qui prétend incarner la hauteur d’un chef d’Etat, du tribun cédant aux imprécations d’une salle rugissante.
La mauvaise nouvelle, c’est que passent ainsi pour modérées les propositions de ses concurrents de ne s’en tenir qu’à une réécriture de la loi Taubira et d’interdire toute progression de nos droits.

Peut-on, ne peut-on pas ? La bataille n’est pas juridique mais idéologique. Faut-il rappeler, qu’en dernier ressort, le juridique n’a aucune existence objective et demeure en toute circonstance soumis à interprétation politique.

Il y a une quinzaine d’années, Caroline Mécary faisait remarquer que rien n’interdisait dans la loi de marier des couples homos, pourtant il a fallu 15 ans justement et une loi spécifique pour y parvenir. Tout simplement parce que l’interprétation du droit n’échappe pas au rapport de forces idéologiques.

Alors évidemment on peut, c’est compliqué, délicat, peu probable, des garde-fous (quasiment au sens littéral) existent, mais quand le vent devient mauvais, rien n’est impossible. Et je ne vais pas expliquer comment à nos ennemis, ils en ont déjà quelques idées assez précises. Y compris à d’autres échelles qu’hexagonales.

Sans en arriver là, pour le moment, ils réussissent toujours à marquer des points. Peu importe que les déclarations de Sarkozy le revenant soient crédibles et aient vocation à se réaliser ou non, non seulement ils parviennent à imposer qu’on débatte encore et toujours, en dépit des tendances légitimistes lourdes de la population, de la validité d’une loi votée mais qui plus est, ils nous acculent à défendre cette seule avancée, nous empêchant d’en pointer les insuffisances et de développer nos propres revendications.

Comme le souligne le communiqué des Enfants d’Arc en Ciel, pourtant « Un mariage au rabais c’est déjà ce qui nous a été accordé. Certains d’entre nous ne peuvent pas se marier en raison de la nationalité de l’un d’eux, la filiation n’est pas accessible à nos enfants dès leur naissance et sans procédure judiciaire, les enfants ne peuvent pas être conçus dans leur pays grâce à l’aide médicale à la procréation, etc. »[1]

Mais une fois de plus, ce week-end, il a été question non du mariage mais de mariage homosexuel. Nul n’est besoin en fait de nous proposer un mariage à part, puisque d’une certaine façon c’est toujours le cas dans les esprits et dans la loi.

Parler de mariage homosexuel, c’est en fait souligner et entretenir malgré cette loi, l’idée que nos unions n’accèdent toujours pas et n’ont pas à accéder au droit commun.

Une façon à minima de bloquer toute évolution nous y conduisant. Xavier Héraud de Yagg, dans son édito[2] d’aujourd’hui, peut bien se moquer de Bruno Le Maire défendant des interdictions déjà à l’œuvre, il n’empêche qu’à les agiter, il passe pour modéré et responsable. Quasi consensuel ! et contribue à les rendre indiscutables.

J’ai vu ici et là déplorer que Sarkozy nous utilise, mais il n’est pas le seul. Toute la classe politique, avec la complicité des médias, se joue de nous. Sarkozy qui veut se faire le champion de toute la droite, Le Maire, Fillon, Juppé qui souhaitent reprendre à François Hollande la chaire de la modération responsable et le Président qui en profite pour nous rappeler à l’apaisement[3], brandissant avec satisfaction la menace d’une alternance pire que sa gouvernance.

Le temps d’un week-end, les médias friands de ce type de divertissement, ont consenti à nous ouvrir leurs micros, et faute de mieux nous voilà contraints à jouer les pompiers bénévoles des insuffisances socialistes !

La Manif pour tous et ses avatars nous donnent des leçons d’activisme minoritaire. En maintenant constante leur pression sur la légitimité même de la loi Taubira, ils nous obligent à concentrer nos forces et nos énergies en défense.

Heureusement, pendant ce temps, l’ADFH[4] a obtenu d’échanger son strapontin à l’UNAF contre un siège de membre à part entière. Là, on avance, même si nous ne sortons toujours pas du cercle de la famille.



[2] «Sarkozy, l’UMP et les homos: un mensonge chasse l’autre», par Xavier Héraud,
[3] «Cette loi est respectée, elle est d’ailleurs chaque jour mieux comprise. Ensuite il appartiendra, s’il devait y avoir alternance, à ce que ce débat se repose. Mais aujourd’hui, il n’est pas posé, il n’est plus posé et je vais vous dire aussi que dans ce débat-là, qui est maintenant derrière nous, moi je pense que l’apaisement est la meilleure des méthodes. Le consensus est toujours préférable à la division.»

jeudi 6 novembre 2014

Des rats et des sorcières




Je n’ai aucune sympathie pour Ségolène Royal[1] assurément moins émouvante que la frimousse vulnérable de ragondins, plus ou moins renvoyés au bestiaire empathique et imaginaire de la construction de notre humanité.

Certes, ces derniers jetés à leur corps défendant dans le ragoûtant potage médiatique qui nous était servi hier au sujet des manifestations non des paysans mais de certains agriculteurs exigeant qu’on les laisse polluer en paix, ont quelque peu coagulé dans l’assiette qu’on s’était efforcé de nous présenter toute la journée.

Il n’en reste pas moins que l’association de la Ministre de l’écologie à ces dits ragondins, c’est-à-dire à la classe des rongeurs ou pour faire plus direct encore à celle des rats, et ceci de manière plus qu’explicite : "Les ragondins, c'est comme Ségolène, c'est des nuisibles"[2], n’a semblé susciter aucun émoi.

En outre ces propos, si on s’en rapporte au Huffington Post, étaient ainsi complétés par un autre manifestant "C'est symbolique, c'est des nuisibles, on est la meilleure profession pour les gérer".

Reste à y ajouter une image multidiffusée également dans l’indifférence générale qui montrait des manifestants s’efforçant de brûler une effigie de Ségolène Royal.

Il n’y a pas à en douter l’entreprise de définition de la violence légitime, compréhensible et respectable, a fonctionné à plein cette semaine.

Et dans l’ordre traditionnel et autoritaire que cette violence entend défendre, et que le gouvernement  (y compris Ségolène Royal) soutient, on brûle toujours les sorcières en place publique.



[1] Que je considère comme l’une des non négligeables courroies de transmission de l’ordre socialo-autoritaire que les classes dominantes souhaitent nous voir accepter en un silence déférent et reconnaissant.
[2] "C'est en ces termes qu'un agriculteur justifie, dans une vidéo diffusée de Télénantes l'action de manifestants qui ont maltraité des ragondins vivants."

jeudi 16 octobre 2014

Gouines, pédés : nous avons rendez-vous à l’Existrans !




Confrontés à la violence que représentaient la dernière parade de La Manif pour tous et l’écho complaisant que lui lui ont offert (et continuent de lui offrir) les médias, nombre d’homos se sont interrogés les dernières semaines sur la façon d’y répliquer. Comment exprimer le refus de baisser la tête ? Comment faire entendre la brutalité de la récusation de la légitimité de nos existences qui prétend se dissimuler sous des atours policés ?

Nous avons été quelques-uns à émettre une espérance. Celle d’une implication collective à donner une dimension visible et conséquente à la 18ème marche de l’Existrans programmée pour ce 18 octobre.

Cependant ne nous y trompons pas, cet appel relayé de voix en voix, par des militants, dans nos média et nos associations ne saurait se réduire à une simple opportunité de calendrier.

De cette marche, nous devons faire un tournant. Attester concrètement de notre mobilisation pour les plus vulnérables d’entre nous au sein de la communauté mouvante que nous prétendons constituer.

Il est question là de notre capacité à discerner les urgences, tout en continuant à nous battre sur de nombreux fronts et temporalités. Il est aussi question de nous relever et de joindre nos forces dans une contre-attaque régénérante.

A mon sens, si nous devions définir collectivement une priorité, la question de l’accès au changement d’état civil libre et gratuit, devrait s’imposer sans aucune hésitation, tant les conséquences de ses modalités de contrôle qu’elles soient judiciaires, médicales, économiques ou sociales sont immédiatement mortifères.

Nous devons nous donner les moyens de notre opposition commune à une violence structurelle et cela passe par une démonstration visible.

Et s’il faut préciser les enjeux de cette marche en tant que spécifiquement pédé ou gouine, il faut le dire clairement cette manifestation est nôtre.

Non pas qu’il faudrait la capter à notre profit, y inscrire nos revendications propres, y brandir notre visibilité, ce qui reviendrait à précisément effacer celle que les trans et Intersexes, en dépit d’obstacles innombrables (et parfois même posés par nous, pédés et gouines) tendent par leurs engagements à construire et faire vivre.

Samedi, nous devons faire nombre. Nous comporter comme des renforts acceptant de se placer sous une bannière que nous n’avons pas à écrire. Commençons par reconnaître que les trans et les intersexes sont en première ligne, plus exposés encore que nous ne le sommes, à la violence et aux discriminations. Notre seul mot d’ordre doit être le soutien. Notre apport, l’amplification d’une légitimité autonome du mouvement trans et Intersexe.

Pourtant, les raisons que nous avons à nous impliquer dépassent la seule solidarité. Tout simplement parce que dans les combats que livrent les trans et les Intersexes, ce sont également nos conditions de vie qui se jouent.

Ceux et celles qui pensent n’êtres pas directement intéressés dans cette lutte, ou seulement de loin, se leurrent.

Les freins, les refus, directs ou dilatoires - y compris ceux qui se veulent emprunts de bienveillance - de faire droit aux revendications des trans et des Intersexes s’inscrivent dans une résistance à l’autonomie de la personne dans son autodétermination. Il est ainsi frappant de constater combien, même chez ceux qui se présentent comme nos alliés et prétendent incarner le progressisme face aux renoncements du Parti socialiste, perdure en réalité une lecture normative des problématiques qui les empêche d’aller au bout de la remise en question des mécanismes structurels qui produisent les discriminations.

Les résistances à la volonté de desserrer l’étau des prédéfinitions imposées et rigides de ce que doivent être un homme et une femme (et nécessairement l’un ou l’autre) sont innombrables et multiformes. Il y a encore loin de la réalisation du célèbre slogan féministe « mon corps, mon choix ».

Savoir si nous voulons une société qui enferme dans des carcans qui préexistent à nos parcours, à nos vies et à ce que nous choisissons d’en faire est affaire commune. Une société qui favorise l’imagination, se nourrit des expressions singulières et les respecte ou s’arqueboute sur un modèle qui se prétend immuable et universel et dans la réalité viole jusqu’à nos corps et nos esprits.



samedi 18 octobre 2014, 18ème Existrans,
la marche des personnes trans et intersexes
et des personnes qui les soutiennent,
au départ de Stalingrad à 14 h
http://existrans.org/

vendredi 10 octobre 2014

La convergence des luttes : un égoïsme salutaire





Il y a une dimension franchement réjouissante dans l’enthousiasme qu’a provoqué dans nos réseaux la sortie sur les écrans français du film Pride. A lire les commentaires qui l’ont accompagnée, on pourrait même croire que l’immense majorité des gays et des lesbiennes seraient de fervents apôtres de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la convergence des luttes.

Que cette sortie en France intervienne après plus de deux ans de désillusions et d’éprouvant matraquage homophobe n’y est certainement pas étranger. Elle tombait à point nommé pour répondre à un besoin évident de comédie, d’insertion et de fierté, un besoin d’autant plus criant qu’elle coïncidait quasiment avec l’énième remontée de lait fielleux de la Manif pour tous. D’ailleurs il semble qu’au crépuscule de ce dernier tapage dominical, nombre d’entre nous aient eu l’idée d’effacer de leurs rétines les images odieuses qu’ils n’avaient pu éviter dans la journée en raison du gracieux concours apportés par les chaînes d’infos continues en allant voir ou revoir la comédie britannique. Ainsi nombre de séances ont semblé afficher complet.

Et quelle meilleure réponse en effet, au sentiment d’impuissance que de se regarder, de se projeter en acteur de la résistance face au conservatisme ? Héros plutôt que cible.

A s’y attarder, ne tient-on pas là (une fois écartés la critique cinéphile et le constant déficit de représentation de l’homosexualité), l’une des clés du succès du film ?

Sur le fond, ne devrait-il pas plus à sa qualité thérapeutique, forme de baume sentimental, qu’à une adhésion politique profonde et concrète à ses enjeux.

Qu’on ne s’y trompe pas, il n’est pas question pour moi de sous-estimer l’importance de la transmission mémorielle et la salutaire nécessité d’imposer des traces visibles de nos histoires dans l’imaginaire commun. Au contraire. Il me semble que c’est une bataille cruciale et trop souvent négligée.

Cependant, force est de reconnaître aussi que la convergence de nos jours, à l’exception d’initiatives embryonnaires vite essoufflées faute de relais, emprunte beaucoup au vœu pieu et peu aux traductions palpables. On y peine à dépasser les généreux et généraux slogans désincarnés.

Nous avons le choix au regard du rappel de ces luttes passées – dont il faut souligner aussi qu’elles furent ultra-minoritaires – de nous contenter de les ériger en glorieuses étoiles mortes ou de nous intéresser à leur potentiel questionnement contemporain.

L’engagement de pédés et de gouines aux côtés des mineurs en grève ne relevait pas de l’émotion ni de l’humanisme mais d’une analyse idéologique. Il ne s’agissait pas de défendre des valeurs abstraites dans un défilé incantatoire ni de se conduire en dames patronnesses un peu exotiques, échangeant le missel contre la follitude mais d’élaborer les conditions politiques d’une opposition commune à la manifestation aiguë d’une violence systémique.

Alors éloignons-nous quelques instants de l’image quasi romanesque de pédés et de gouines, avant-garde héroïque des solidarités transversales, pour en revenir à un présent moins enchanteur.

Il ne suffit pas de vouloir s’opposer à notre oppression pour faire de la politique. Ce n’est pas totalement inexact mais néanmoins un peu court. Et me semble-t-il cette question de la politique est au cœur de nos difficultés d’aujourd’hui. Ou plus exactement la dépolitisation de nos combats.

S’il y a un enseignement que nous devrions tirer de la mobilisation de la Manif pour tous, c’est que les conditions de nos existences sont subordonnées à des rapports de force idéologiques. Les avancées conquises, les promesses d’une gauche d’opposition, la soif d’intégration (et ne soyons pas naïfs non plus, nombre d’entre nous n’ont pas d’autre ambition que de faire corps avec les classes dominantes) ont contribué à nous le faire oublier et à nous illusionner.

A force de seriner la chansonnette de l’égalité, de nous en référer aux droits humains, aux grandes valeurs prétendument portées par cette gauche, nous avons confondu professionnalisation (au sens d’acquisition de compétences) et nous en rapporter au système pour qu’il se réforme. Subordonnant sa critique à la perspective de nous y intégrer et/ou la différant à des échéances futures. Ce faisant, nous n’avons fait que nous affaiblir en tant que corps indépendant, potentiellement contestataire et novateur.

L’indigence socialiste et l’obscurantisme en action se sont chargés de nous rappeler à l’ordre. Et nous voilà coincés dans un paradigme inefficace, qui oppose bons sentiments de gauche contre bon sens de droite. Nos aspirations et nos vies exfiltrées, renvoyées au mieux à une anecdotique périphérie quand nous aurions pu en faire l’élément d’une dynamique de transformation globale.

Comble de l’ironie, au vu de l’énergie qu’elle déploie à nous éliminer du paysage, la droite réactionnaire semble être celle qui a le mieux compris ces enjeux. Et l’intérêt de faire valoir l’impact sur la société toute entière de réformes qui au premier abord ne semblent concerner que nous.

Nous en revanche, continuons à insister sur l’idée qu’elle ne ferait que nous ouvrir des droits et à refuser d’envisager l’opposition et les réticences en termes conflictuels. Nous conforte dans ce choix l’idée que la majorité de la population serait plutôt favorable aux évolutions que nous réclamons. Certes. Mais de fait nous renonçons à impliquer cette majorité au-delà d’une vague indifférence relativement bienveillante, là où seraient nécessaires des actes et de la volonté pour déverrouiller les blocages que s’efforce de solidifier la minorité active de nos opposants.

Cette référence constante au droit finit par devenir tautologique, la revendication, entre personnes de bonne composition, vaudrait en elle-même justification. Et nous cantonnons notre discours à la résolution (nécessaire) de difficultés matérielles et à la morale (l’égalité, c’est bien ; l’exclusion c’est mal) mais nous sommes absents du rapport de force. Ainsi nous contribuons nous-même à minimiser le fait qu’il y a bien en cours un affrontement idéologique substantiel dont l’enjeu nous dépasse et n’est rien de moins que la reconduction de la domination conservatrice sur l’organisation sociale dans son ensemble.

Rendre possible l’action des politiques, c’est les convaincre qu’ils auraient à y gagner ou à tout le moins que le prix de leur inaction serait douloureux. A ce compte-là, les menacer d’une abstention d’un électorat LGBT (même s’il était constitué) s’apparente une plaisanterie.

La convergence des luttes dans cet esprit relève donc d’un nécessaire et salutaire égoïsme. Et l’âpreté des luttes des minorités politiques ne fait qu’en renforcer l’exigence.

Une exigence concrète et oui presque égoïste. Parce que seuls, nous ne pesons pas. Mais aussi parce que nous n’existons pas ex-nihilo, n’en déplaise à certains qui voudraient opposer artificiellement homos et classes populaires, réformes de société et politiques économiques et inscrire dans l’imaginaire collectif qu’il n’y aurait de gays que privilégiés.

Dans la réalité, les vulnérabilités s’ajoutent les unes aux autres et renforcent leurs effets. Eliminer des sources de fragilisation ou des obstacles à l’autonomie (économique, politique et affective) ne peut que permettre de mieux assumer son orientation sexuelle ou son identité de genre et de résister aux pressions, discriminations et violences qui s’exercent sur l’individu en raison de celles-ci.

Plus l’accès au logement, à l’éducation, au travail est compliqué, plus il peut être délicat de faire son coming out. Et inversement comment se défendre, comment porter plainte, en cas de discrimination ou d’agression si tu risques d’y laisser ton job, ton appart, tes solidarités familiales ?

Une exigence politique. Parce que les discriminations et la vulnérabilité des individus sont politiquement et socialement organisées. Et si elles peuvent paraître au premier regard sans liens apparents, elles sont en fait le résultat d’une même logique qui permet à quelques-uns de s’approprier richesses et privilèges aux dépens d’une majorité dont on organise la précarité.

Maintenir des individus dans des statuts de fragilité par rapport à la norme (lié à leur identité sociale, leur situation économique, leur origine, leur sexe ou leur orientation sexuelle), c’est les empêcher y compris matériellement de remettre en question individuellement et collectivement les conditions de vie qui leur sont faites et les institutions qui les produisent.

Ce sont les mêmes forces qui s’opposent aux luttes sociales, économiques et sociétales, au service d’un même système de domination. La fragmentation des luttes permet de mieux les juguler, voire de les opposer artificiellement et de maintenir un équilibre favorable au maintien de ce système.

En outre, la casse des solidarités qu’elles soient politiques ou publiques permet de proposer en leur lieu et place des alternatives commerciales dont l’objectif premier devient la rentabilité au profit de leurs actionnaires et ne bénéficient qu’à une minorité en capacité de se les offrir. Une organisation qui en retour, contribue à conforter encore la dynamique inégalitaire de la société.

Alors le succès de Pride était-il cinématographique ? Thérapeutique ? Ponctuel ? Flattait-il seulement nos fiertés malmenées ? Ou portons-nous vraiment le désir de nous opposer à cette dynamique inégalitaire dès lors qu’elle ne nous agresse pas au premier chef ? Et l’oublions-nous dès qu’elle s’éloigne un tant soit peu de nos personnes ? Une occasion nous est donnée de répondre dès le 18 octobre prochain. LGBT, psalmodions-nous. Ce jour-là à Paris, les trans et les intersexes, qui plus encore que les pédés et les gouines paient le prix des reculs des gouvernements socialistes seront dans la rue pour essayer d’arracher au moins le changement d’état-civil libre et gratuit sans condition médicale ni homologation par un juge.

Allons-nous faire front ?




samedi 18 octobre 2014, 18ème Existrans,
la marche des personnes trans et intersexes
et des personnes qui les soutiennent,
au départ de Stalingrad à 14 h
http://existrans.org/

vendredi 3 octobre 2014

GPA : un Premier ministre contre le droit




Manuel Valls prétend qu’il serait incohérent de reconnaître à des parents leur autorité, pire même il prétend leur refuser cette qualité de parent au prétexte de la prohibition sur le sol français de la technique de procréation qu’ils ont utilisée pour mettre au monde leurs enfants. Ce refus, il le justifie au nom du rôle des parents « responsables de l’éducation des enfants, c’est-à-dire chargés de la transmission de nos droits et de nos devoirs. »[1]

Ainsi, le fait de contourner la loi française les disqualifierait dans leur qualité parentale. Si on s’en tient à cette logique, toute infraction à la loi devrait produire les mêmes effets et tout parent ayant commis une infraction ou un délit devrait être aussitôt déchu de ses droits parentaux puisqu’il ne serait plus en état de jouer son rôle de modèle et de transmettre les valeurs du respect de la loi.

Le Premier ministre nous assure penser à la protection des enfants nés par GPA, protection qui  passerait par une mesure de substitution à l’autorité parentale.
En bref, pour les protéger, commençons par déconsidérer leurs parents et les déchoir de leur autorité. Des parents dont même Manuel Valls reconnaît qu’ils le sont (parents) quand, pas à une contradiction près, il déclare que ces enfants ont bien une filiation tout à fait légale : « Ils ont une filiation et une identité, mais établies à l’étranger ».

Alors ces parents maltraitent-ils leurs enfants ? Ce qui est somme toute la seule question qui devrait s’imposer en matière de droits parentaux ; non, seul le mode de conception qui a présidé à leur naissance est en cause. Mais cette question a-t-elle vraiment à être posée là ? Dîtes-nous comment vous avez conçu vos enfants ? De la réponse à cette question dépend que nous permettions ou non à vos enfants de bénéficier de leurs liens de filiation et des droits qui les accompagnent !

 Et puisque Manuel Valls entend faire du respect du droit le critère d’accessibilité à nos responsabilités et devoirs, appliquons cette logique Vallsienne à ses propres déclarations.

Le 26 juin dernier, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour son refus de retranscrire leur filiation à des enfants nés d’une gestation pour autrui. La France avait jusqu’au 26 septembre, pour faire appel de cette décision (qui ne remet en rien en cause l’interdiction de la GPA par la France) et elle ne l’a pas fait. L'arrêt de la CEDH est donc devenu définitif.

Pourtant Manuel Valls affirme que « le gouvernement exclut totalement d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers ». Si cette affirmation conduit la France à refuser à nouveau à des enfants nés à l’étranger cette transcription de leur état civil, elle s’expose à de nouvelles condamnations.

Alors paraphrasons un peu Manuel Valls, j’ajoute qu’il est incohérent de désigner comme Premier ministre une personne qui contourne clairement le droit … tout en affirmant qu’il est responsable des plus hautes obligations de l’Etat, c’est-à-dire chargé de la transmission de nos droits et de nos devoirs.